La vie quotidienne à Cormatin sous le Grand Siècle
Si le mobilier et l’architecture affirment l’art de plaire, la vie à Cormatin s’organise selon un cérémonial précis, reflet d’une société hiérarchisée, éprise de politesse et de plaisirs raffinés.
La table, entre convivialité et ostentation
Au XVIIe siècle, “bien vivre” commence par “bien manger”. Les repas à Cormatin relèvent autant de la gastronomie que du spectacle social. Curiosité : la première mention de « truffes farcies » figure dans un menu de château bourguignon datant de 1655 (source : Anne Martinet, historienne de la gastronomie, publication 2019).
- Produits locaux : Gibier des forêts, volailles de Bresse, potagers enclos alimentant la table d’herbes fines et de légumes frais.
- Service à la française : Les plats sont disposés en abondance sur la table, tous à la fois, à la différence du service à la russe (progressif) qui le remplacera plus tard.
- Vaisselle précieuse : La faïence de Nevers ou de Moustiers, l’orfèvrerie, les verres colorés témoignent du goût pour le beau jusque dans les usages quotidiens.
La table réunit les convives autour de conversations érudites et de plaisanteries d’esprit, tout en respectant une hiérarchie stricte : à la droite du maître, la place la plus honorifique ; au bout de table, pour les hôtes moins prestigieux.
L’art du jardin, ou la nature domptée à la française
Au XVIIe siècle, la mode est au jardin “à la française”, plus encore qu’au jardin de simples de la Renaissance. À Cormatin, les jardiniers mettent en scène le paysage selon des règles mathématiques : topiaires de buis, allées rectilignes, miroirs d’eau, broderies de fleurs et de gazon.
- Environ 10 hectares de jardins entourent le château, dont une partie reconstituée d’après des plans anciens (source : chateaudecormatin.com).
- Le potager, clos de vieux murs, nourrissait la maisonnée en légumes et fines herbes, eux-mêmes soigneusement sélectionnés et hybridés : on dénombre à l’inventaire de 1687 plus de 30 espèces potagères différentes.
- Un théâtre de verdure et un labyrinthe de buis, aujourd’hui reconstruits, permettaient aux dames et aux enfants de se promener tout en s’amusant.
Le parc n’est pas seulement décoratif : il est un prolongement de la maison, conçu pour accueillir fêtes, repas en plein air, musique. Les jardins de Cormatin dialoguent avec ceux de Versailles, dans une version régionale et plus intime.