Petits villages secrets du Mâconnais : balades hors des sentiers battus

13/09/2025

Villages discrets, patrimoine vivant

En Mâconnais, l’histoire rurale est au cœur des villages, entre traditions agricoles et patrimoine bâti. Quelques communes, à distance des grands axes, font figure de trésors à découvrir.

Chapaize, romane et paisible

  • Chapaize s’enroule autour d’une des plus anciennes églises romanes de Bourgogne. L’abbatiale date du XIe siècle et attire les amateurs d’art roman, mais le bourg séduit d’abord par son authenticité : maisons en pierre blonde, ruelles étroites et lavoirs fleuris.
  • Ce village compte moins de 150 habitants mais s’anime l’été avec son marché artisanal et des concerts dans l’église, dont l’acoustique a été saluée par Le Monde à l’occasion d’un festival de musique ancienne (source).
  • À quelques pas, hameaux comme Lancharre et son église prieurale invitent à la flânerie bucolique.

Bray : le village aux maisons de pierres dorées

  • Moins connu que ses voisins, Bray surprend par la beauté de son patrimoine rural : l’étonnante couleur ocre des murs, typique du Mâconnais, et la présence de deux châteaux, tous deux propriétés privées mais visibles depuis la route.
  • L’église du XIIe siècle attire l’œil ; le cœur du village s’ouvre sur des paysages vallonnés offrant vue dégagée sur les monts du Mâconnais.
  • Bray figure parmi les communes où l’on recense encore plus d’exploitations agricoles que d’habitants actifs, selon l’INSEE (source).

Montbellet et son terroir singulier

  • Entre Saône et vignes, Montbellet (sans accent), c’est une succession de hameaux, de murets anciens et de caves remarquables.
  • On y trouve le château de Mirande, ancienne propriété de la famille d’Amours, dont les jardins à la française sont visibles lors de certaines journées du patrimoine.
  • Le village est aussi réputé pour ses maconnais blancs : quatre domaines de moins de 10 hectares chacun, perpétuant des méthodes traditionnelles sur des terroirs argilo-calcaires, d’après le BIVB (source).

Pépites paysagères et balades méconnues

La particularité du Mâconnais réside dans cette capacité à offrir, à quelques kilomètres, une palette variée de paysages : coteaux viticoles, forêts, prairies, plateaux calcaires. Quelques villages, presque invisibles sur la carte, sont le point de départ de balades inoubliables.

Saint-Clément-sur-Guye, balcon sur les monts

  • Posé à 431 mètres d’altitude, Saint-Clément-sur-Guye offre un panorama imprenable sur la Bresse, le Charolais et la chaîne du Haut-Mâconnais.
  • La commune abrite un site médiéval classé Monument Historique, unique par ses vestiges de tours et ses maisons du XIIe et XIIIe siècles. Le site est animé par une association très active (source).
  • Les sentiers balisés serpentent à travers pelouses sèches, prairies à orchidées sauvages et affleurements calcaires, particulièrement spectaculaires au printemps.

Saint-Léger-sous-la-Bussière : havre pour randonneurs

  • Situé dans la vallée du Sornin, Saint-Léger-sous-la-Bussière s’adosse à la frontière du Beaujolais vert et du Massif du Mâconnais.
  • Le sentier des Crêtes, balisé « PR », offre trois à quatre heures de marche sur les hauteurs, avec vue sur les lignes de crête de la montagne de Dun au sud.
  • Le village accueille chaque année une « fête du pain » à l’ancienne, réactivant le four banal datant du XVIIIe siècle.

Petites communes, initiatives et vie locale

Certains villages se distinguent aussi par la vitalité de leur tissu associatif ou des initiatives locales atypiques, souvent ignorées des guides classiques.

Bissy-la-Mâconnaise et ses jardins partagés

  • Avec moins de 300 habitants, Bissy-la-Mâconnaise est un exemple de dynamisme rural. Depuis 2015, la commune a développé des jardins partagés en libre service pour les habitants.
  • Ces parcelles collectives sont devenues des lieux de rencontres : chaque mois, des ateliers de permaculture ou d’initiation à la botanique sont proposés, animés par des agriculteurs locaux (source).
  • Le village est aussi membre du réseau « Mille et une fermes » qui promeut le circuit-court et l’agrotourisme dans le département.

Burgy : viticulture et panorama d’exception

  • Perché au-dessus d’un immense amphithéâtre de vignes, Burgy (110 habitants) propose un des points de vue incontournables du Mâconnais : depuis le sommet du Mont Bessay, la vue porte jusqu’aux Alpes par temps clair.
  • Le village, primé en 2022 au concours régional « Villes et Villages Fleuris » (catégorie moins de 300 habitants), s’enorgueillit d’abriter l’un des cleanest terroirs de la région : pas un hectare n’est traité aux phytosanitaires de synthèse depuis 2019, selon Terres de Bourgogne (source).
  • Un sentier botanique balisé relie la chapelle Saint-Pierre à la côte de Burgy, jalonné de panneaux pédagogiques créés avec le conservatoire régional des espaces naturels.

Villages confidentiels au riche passé

Lournand, vestiges médiévaux

  • Adossé aux collines à deux pas de Cluny, Lournand abrite les ruines du château féodal de Mont-Saint-Romain, qui fut l’un des points stratégiques du Clunisois au Moyen Âge ; les restes du donjon sont encore visibles lors des sorties guidées organisées par la communauté de communes.
  • La commune se singularise par l’église Saint-Hilaire, inscrite à l’Inventaire de 1862, véritable synthèse de l’architecture religieuse romane et gothique.
  • Site de départ de nombreux circuits VTT à la carte, Lournand attire aussi les passionnés de céramique contemporaine : plusieurs ateliers ouvrent leurs portes l’été, en lien avec le festival « Cluny Chemins d’art » (source).

La Roche-Vineuse : entre vignes et grottes oubliées

  • Située au pied des Monts du Mâconnais, La Roche-Vineuse est parfois éclipsée par Solutré ou Fuissé, mais mérite une halte prolongée.
  • Outre ses réputés vins blancs (appellation Mâcon-La Roche-Vineuse depuis 1937), le village recèle un patrimoine archéologique rare : la grotte de la Bonne Femme, fréquentée dès la Préhistoire (niveau Magdalénien supérieur, selon Archéologie de la France), accessible sur réservation ponctuelle.
  • La commune possède aussi un Musée de la Vigne et du Vin, initié par l’association locale, qui retrace depuis 1988 le passage de la polyculture au vignoble spécialisé, à travers outils, récits et expositions temporaires.

À la rencontre des habitants et de leurs savoir-faire

Nombre de ces villages méconnus doivent aussi leur charme à la vitalité de leurs habitants, qui perpétuent des gestes parfois menacés : travail de la pierre, production de fromages fermiers, multiculturalisme (de nombreux étrangers venus revitaliser le tissu rural s’y installent depuis les années 1980, cf. Syndicat Mixte du Mâconnais Sud Bourgogne).

  • Dans Malay, les ateliers de pierre sèche et la Fête de la Pierre battent le rappel chaque été.
  • À Pruzilly, les journées portes ouvertes des domaines permettent de découvrir l’une des dernières mosaïques de cépages anciens du Mâconnais, comme le melon, le tressalier ou le gamay noir à jus blanc.
  • Des micro-événements, parfois très confidentiels, animent ces villages : concours d’épeautre à Chevagny-les-Chevrières, salons du livre rural dans la mairie de Lugny, etc.

Comment profiter de ces villages sans les dénaturer ?

La fréquentation discrète de ces villages invite à adopter une démarche responsable lors des visites :

  • Privilégier la marche ou le vélo sur les petites routes communales.
  • Consommer local en s’arrêtant chez les petits producteurs, boulangers ou caves familiales.
  • Respecter le patrimoine bâti et naturel : éviter de sortir des sentiers balisés, limiter le bruit, ne laisser aucun déchet.
  • Consulter les offices de tourisme de Mâconnais-Tournugeois, Cluny ou Sud Bourgogne pour obtenir un agenda actualisé des petits marchés et animations éphémères (source).

Richesse confidentielle, accueil sincère

Le Mâconnais ne manque ni d’adresses gourmandes ni de portraits de terroirs, mais c’est loin des axes principaux que s’égrènent ses véritables pépites : villages aux églises oubliées, fermes en circuit-court, sentiers au secret bien gardé. Qu’il s’agisse d’assister à la restauration d’un four à pain à Saint-Léger-sous-la-Bussière, d’interroger un vigneron à la Roche-Vineuse ou de s’arrêter à la fraîche sous un tilleul centenaire à Bray, la découverte se fait toujours à hauteur d’homme. Pour peu que l’on prenne le temps, le Mâconnais révèle ainsi, dans ses villages méconnus, une hospitalité et une authenticité à l’écart des circuits classiques, où s’invente chaque jour le patrimoine de demain.

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