Escapade dans le Val Lamartinien : les villages viticoles à ne pas manquer

01/09/2025

Entre histoire et géographie : comprendre le Val Lamartinien

Coincé entre les escarpements du Mâconnais et les monts du Clunisois, le Val Lamartinien doit son nom à Alphonse de Lamartine, poète et homme politique né au château Saint-Point en 1790 (Source : Cluny Tourisme). Cette vallée suit globalement la D17, reliant Mâcon à Cluny par un chapelet de villages où domine la production de vins blancs issus principalement du Chardonnay, sous l’appellation Mâcon-Villages, mais aussi Pouilly-Fuissé, Saint-Véran ou Viré-Clessé à proximité. Le paysage, marqué par une topographie douce et une orientation Sud-Est des coteaux, offre des conditions idéales à la vigne, résultat de millions d’années d’érosion sur des sols argilo-calcaires jalonnés de pierres dorées.

Solutré-Pouilly et Vergisson : entre sommet emblématique et grands vins

Impossible d’évoquer le Val Lamartinien sans citer Solutré-Pouilly, célèbre pour sa Roche (493 m), haut lieu de la préhistoire (site classé Grand Site de France) et de balades panoramiques (Source : Grand Site Solutré). Mais le village s’est aussi taillé une solide réputation viticole autour du Pouilly-Fuissé, fleuron du Mâconnais. La reconnaissance récente des premiers crus (2020) pour l’appellation Pouilly-Fuissé souligne l’excellence du terroir.

  • Superficie de l’appellation Pouilly-Fuissé : environ 760 hectares (Source : BIVB)
  • Nombre de premiers crus : 22 climats reconnus
  • À faire : balade sur la Roche de Solutré, visites de domaines (Château de Pouilly, Domaine du Fussiacus), découverte du Musée de la Préhistoire.

À proximité, Vergisson cultive une atmosphère confidentielle. Le village, dominé par la Roche de Vergisson, abrite des vignerons réputés (Domaine Saumaize-Michelin, Bret Brothers) et propose quelques tables gourmandes. Le panorama sur la mer de vignes depuis les crêtes vaut le détour, tout comme les parcours de randonnée balisés.

Fuissé, Chasselas et environ : le cœur blanc du Mâconnais

Le triangle d’or “Fuissé, Chasselas, Chaintré” constitue la zone centrale de l’AOC Pouilly-Fuissé. Fuissé, petit village fleuri, possède un charme discret. L’église Saint-Pierre, reconstruite au XIXe siècle, se distingue par son clocher élancé. Autour de la place, des caves proposent des dégustations sans chichi, comme au Domaine Ferret ou au Château-Fuissé, propriété emblématique fondée en 1862. Détail : Fuissé accueille chaque été le festival “Musique en Voûte” qui mêle jazz et patrimoine religieux.

Chasselas, dont le nom évoque aussi un cépage (mais ici on cultive principalement le chardonnay), séduit par ses maisons de pierres et la convivialité de sa Fête des Vignerons organisée tous les deux ans. Quelques passages voûtés rappellent les voies anciennes et la tradition commerçante du Mâconnais.

  • Fuissé : environ 320 habitants, 260 hectares de vignes (Source : Mairie de Fuissé)
  • À ne pas manquer : visite du château, parcours “Sur les pas de Lamartine”
  • Chasselas : mosaïque de petits domaines familiaux ouverts toute l’année

Plus au sud, Chaintré marque la frontière entre Mâconnais et Beaujolais. Depuis quelques années, l’offre œnotouristique y est en plein essor, notamment avec l’installation de jeunes vignerons bio et du caveau de la Maison Mâconnaise des Vins.

Saint-Amour et les villages du Beaujolais septentrional

Moins connu que les autres “crus du Beaujolais”, Saint-Amour fête la convivialité et l’amour… littéralement ! Chaque 14 février, le village organise des animations autour du vin, attirant plusieurs centaines de visiteurs amoureux ou curieux (Source : Le Bien Public).

  • Superficie vignoble : 315 hectares (Source : Inter Beaujolais)
  • Particularité : unique cru du Beaujolais à déborder sur la Saône-et-Loire
  • À faire : balade dans les vignes jusqu’à la chapelle Saint-Amour, découverte de la mosaïque de terroirs entre granite et argiles.

Les villages voisins, Juliénas et Saint-Vérand (à ne pas confondre avec Saint-Véran, AOC du Mâconnais), sont aussi des étapes agréables pour goûter une palette de vins rouges fruités, découvrir de petites foires et profiter des sentiers balisés de la “Route des vins du Beaujolais”.

Pierreclos et l’axe Pierreclos-Saint-Point : entre châteaux et poètes

Difficile de ne pas citer Pierreclos pour ses deux raisons majeures : sa forteresse médiévale, ouverte à la visite, et ses coteaux réputés pour les Mâcon-Pierreclos et Saint-Véran. Le Château de Pierreclos, qui accueille aussi chambres d’hôtes et événements, demeure l’un des plus beaux témoignages de l’architecture défensive régionale. Sa table gourmande et son parcours œnotouristique offrent une expérience complète aux visiteurs (Source : Château de Pierreclos).

  • Superficie vignoble : près de 60 hectares sur la commune (Source : CIVB)
  • Pour les randonneurs : départ de sentiers vers la colline de Saint-Point et la Vallée du Berzé
  • À proximité : le Château de Saint-Point, propriété de Lamartine, ouvert à la visite en saison

Bussières, Prissé, Davayé : la vie de village au fil des saisons

Sur l’axe le plus direct entre Mâcon et Cluny, ces trois villages incarnent la dynamique coopérative du Mâconnais. À Bussières, la cave coopérative (la plus ancienne du département, fondée en 1929) anime la vie locale. Prissé, avec son église du XIIe retrouvée sur les chemins du “Tour Lamartinien”, accueille aussi la célèbre cave des Vignerons des Terres Secrètes, premier site œnotouristique du Mâconnais par sa fréquentation (plus de 15 000 visiteurs par an, Source : site Terres Secrètes).

  • Bussières : Fête du Vin Nouveau chaque automne, belle ambiance intergénérationnelle
  • Prissé : sentiers balisés, dégustations, exposition permanente sur le patrimoine du village
  • Davayé : Institut Français de la Vigne, ferme pédagogique, AOC Saint-Véran réputée

Davayé mérite l’arrêt pour son point de vue sur la Roche de Solutré et la présence d’un lycée agricole pionnier dans la formation des futurs vignerons du Mâconnais.

Serrières, Milly-Lamartine, Sologny : charme discret et authenticité rurale

En remontant la vallée vers le Nord, Serrières mérite un détour pour ses maisons anciennes et la quiétude de ses sentiers viticoles. À Milly-Lamartine, berceau familial du poète, le patrimoine rural se découvre entre les lavoirs, l’église Saint-Martin et le cimetière où repose la mère de Lamartine. Le village compte moins de 400 habitants et conserve une forte identité vigneronne, même si la surface plantée a diminué depuis le XIXe siècle. L’été, des concerts de musique classique animent la petite église.

Enfin, Sologny ferme la porte du Val Lamartinien sur les premiers reliefs du Clunisois. Ici, les caves s’ouvrent surtout lors de la traditionnelle “Percée de la Saint-Véran” en mars, tandis que la randonnée autour du Mont de Sologny offre une perspective saisissante sur tout le couloir viticole.

Patrimoine, terroirs, hospitalité : que retenir pour préparer sa visite ?

  • Chaque village offre une approche différente du vignoble : cave coopérative, petites exploitations familiales, châteaux ou caves historiques.
  • Les appellations (Pouilly-Fuissé, Mâcon-Villages, Saint-Véran, etc.) se révèlent dans leurs nuances selon le village. Les monographies communales du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne apportent éclairement et anecdotes sur chaque cru.
  • La vie culturelle rythme l’année : fêtes des vignerons, marchés de producteurs, festivals de musique, balades commentées, ateliers œnologiques…
  • L’itinérance douce est privilégiée : les sentiers balisés et la Voie Verte permettent de relier plusieurs villages à pied ou à vélo, pour des découvertes sans voiture (Source : Voie Verte Mâcon-Cluny).
  • Plusieurs villages abritent des tables gourmandes reconnues (Auberge du Pont à Prissé, Table de Chaintré, restaurants étoilés à Fuissé et Solutré-Pouilly), ainsi que des hébergements de charme.

S’arrêter dans un village viticole du Val Lamartinien, c’est ouvrir une parenthèse de rencontres, de découvertes et d’émerveillements simples. Qu’il s’agisse de goûter un vin sur sa terre d’origine, d’emprunter un vieux chemin muletier ou d’écouter le récit d’un vigneron passionné, chaque étape possède sa propre saveur. À la belle saison comme à l’automne, la vallée offre une belle diversité d’atmosphères. N’hésitez pas à varier les heures ou les itinéraires pour savourer les lumières changeantes sur les vignes, et oser pousser la porte de quelques caves – c’est souvent là que commencent les plus beaux souvenirs de Bourgogne.

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